Une conjoncture économique favorable profite à Montage-Maintenance
Rencontre avec des entreprises performantes du canton de Vaud
Entreprise : Montage-Maintenance SA
Localité : Écublens
Secteur d’activité : Construction
ÉCUBLENS
Fondée il y a exactement vingt ans, cette entreprise active dans le secteur de la construction a su développer ses activités tout en restant fidèle à sa clientèle de « petits clients ».
Il y a vingt ans, au mois d’août, Michel Taverney et un associé fondaient Montage-Maintenance SA. L’entreprise a démarré modestement – non pas dans un garage comme les célèbres start-up de la Silicon Valley, ni dans le domaine des hautes technologies, mais dans un grenier à Montreux.
Avec le développement de l’activité et l’augmentation des effectifs, la société s’est d’abord installée à Morges avant de rejoindre une zone industrielle d’Écublens.
Comment réussir à s’imposer dans un secteur traditionnel où la concurrence est déjà bien établie, comme celui des faux plafonds, des cloisons amovibles, des planchers techniques ou encore des stores vénitiens ?
« Avant tout en étant à l’écoute de nos clients et en développant notre entreprise progressivement, sans vouloir aller trop vite », expliquent Michel Taverney et son proche collaborateur, le chef de projets Sacha Milicevic.
Électricien de formation, Michel Taverney a travaillé dans une entreprise spécialisée dans les systèmes de cloisons avant de décider de créer sa propre société.
« Mon ancien employeur s’intéressait principalement aux grands chantiers. Il délaissait ce que nous appelons le marché des petits clients, qui concerne essentiellement des rénovations et des transformations de locaux existants. De plus, les clients préféraient avoir un seul interlocuteur plutôt que de devoir coordonner plusieurs entreprises : l’une pour les plafonds, une autre pour les planchers, une troisième pour les stores. Nous avons identifié cette opportunité de marché et avons eu la chance de démarrer avec un portefeuille de clients déjà satisfaits. »
Le bouche-à-oreille comme meilleure publicité
Au fil des années, l’entreprise a considérablement élargi son champ d’activité, « exclusivement grâce au bouche-à-oreille », souligne Michel Taverney.
Aujourd’hui, 95 % de sa clientèle est composée d’entreprises de toutes tailles, actives dans des secteurs très variés, notamment les grandes enseignes de distribution, les banques, l’industrie ainsi que des institutions publiques telles que les écoles et les hôpitaux.
Sa flotte d’une vingtaine de véhicules intervient dans toute la Suisse romande, y compris dans le canton du Valais, réputé pour protéger particulièrement son marché local de la construction.
Il y a trois ans, l’entreprise a élargi son offre en créant un département spécialisé dans les plafonds et les cloisons en plaques de plâtre.
Les longs chantiers finissent par lasser les collaborateurs
Michel Taverney et Sacha Milicevic reconnaissent volontiers que la conjoncture économique favorable, l’apparition de nouvelles technologies – notamment dans les espaces administratifs nécessitant une réorganisation des bureaux – ainsi que les nombreuses restructurations d’entreprises ont fortement stimulé la demande pour leurs services.
« Nous avons toutefois toujours veillé à maîtriser notre croissance et à rester fidèles à nos petits clients. Notre plus gros client ne représente que 3 % de notre chiffre d’affaires annuel.
Nous avons réalisé un chantier de plus d’un million de francs suisses. Cependant, la concurrence était telle que nous avons dû travailler avec des marges extrêmement réduites. De plus, nos collaborateurs se sont lassés de passer plus de dix-huit mois sur le même chantier. »
Étienne Oppliger
Diriger une PME : un défi permanent
« Nous nous battons chaque jour. C’est ce qui rend ce métier passionnant. »
Avec une certaine philosophie, Michel Taverney reconnaît que diriger une entreprise d’une vingtaine de collaborateurs dans le secteur de la construction est loin d’être simple.
« Nous nous battons en permanence pour préserver nos marges face à la concurrence, obtenir des financements bancaires et ne pas être submergés par les tâches administratives.
Lorsqu’il s’agit de respecter des délais toujours plus serrés, nous nous retrouvons souvent pris entre les exigences de nos clients et celles de nos fournisseurs.
La situation devient encore plus complexe pendant les périodes de vacances, les fermetures d’entreprises et les absences du personnel.
Nous employons 25 collaborateurs, mais selon notre charge de travail, jusqu’à quarante personnes peuvent travailler pour nous. Les travailleurs temporaires et les sous-traitants nous permettent de répondre beaucoup plus souplement aux fluctuations de la demande.
Aujourd’hui que j’ai 57 ans, je réfléchis sérieusement à transmettre l’entreprise, idéalement à l’un de mes collaborateurs. Je regrette toutefois que les métiers de la pose et du montage soient si peu structurés et que les professions exercées au sein de notre entreprise ne soient pas officiellement reconnues.
Nos collaborateurs viennent d’horizons professionnels très divers : non seulement du bâtiment, mais aussi du commerce, de la coiffure ou encore de l’hôtellerie. Nous devons les former nous-mêmes sur le terrain, sans pour autant avoir la possibilité d’accueillir des apprentis, alors même que nous disposons de la capacité nécessaire.
À une époque où de nombreux jeunes quittant l’école obligatoire peinent à trouver un emploi, cette situation est pour le moins paradoxale. »
